SharePay, la carte pour payer à deux : que devient-elle ?

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Deux tasses de café posées côte à côte sur une table en bois, évoquant une dépense partagée à deux

Mise à jour (juillet 2026) : SharePay n'existe plus. La fintech parisienne, lancée à l'été 2016, a été rachetée par Linxo en avril 2018, puis a cessé son activité le 30 septembre 2019 — les clients avaient été prévenus le 31 juillet de la même année. Nous conservons cet article comme archive du concept, et pour orienter ceux qui cherchent encore une solution de paiement partagé.

L'idée : une carte, deux comptes

SharePay proposait une carte Mastercard capable de débiter deux comptes bancaires simultanément, selon une clé de répartition choisie. La cible était limpide : les couples — souvent jeunes — qui partagent des dépenses sans vouloir ouvrir un compte joint, avec ce que celui-ci implique de solidarité juridique en cas de découvert ou de séparation.

Le service était gratuit pour l'utilisateur, la société se rémunérant sur les commissions payées par les commerçants. C'était son point faible : ces commissions d'interchange ont été plafonnées par l'Union européenne à 0,2 % en débit (nos explications), un niveau qui rend très difficile de financer un service gratuit sans volumes massifs. Le modèle n'a pas tenu.

Le besoin, lui, n'a pas disparu

Partager des dépenses reste un cas d'usage majeur, aujourd'hui couvert autrement :

  • les virements instantanés entre particuliers, désormais gratuits dans l'Union européenne, et les services de paiement par numéro de mobile comme Wero ;
  • les comptes joints ou partagés des néobanques, avec plusieurs cartes rattachées à un même solde et un suivi commun dans l'application ;
  • une carte prépayée dédiée au budget commun, rechargée par les deux personnes : la façon la plus simple de cloisonner des dépenses partagées sans lier juridiquement deux comptes (comparatif).

La leçon SharePay

Elle rejoint celle de WeSwap ou d'Orange Bank : une bonne idée de produit ne suffit pas si le modèle économique repose sur une ressource que le régulateur a plafonnée. Avant de confier votre argent à une carte, regardez qui l'émet et comment l'acteur gagne sa vie — c'est le premier critère de solidité (notre méthode en 6 critères).

Sources : moneyvox.fr (fermeture de SharePay au 30/09/2019, rachat par Linxo en 2018), frenchweb.fr et next.ink (lancement et fonctionnement), règlement (UE) 2015/751 sur les commissions d'interchange.

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