Sécurité des moyens de paiement électronique : où en est-on ?

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Chiffres officiels de la fraude aux moyens de paiement : taux de 0,048 pour cent au plus bas historique, 211 millions d'euros sur six mois, mais 40 pour cent des montants issus de la manipulation du porteur

Transparence : ce site est rémunéré par Veritas, partenaire commercial. Cet article a été entièrement réécrit : sa version de 2016 présentait notre partenaire comme l'offre « haut de gamme » du marché, affirmait que les sommes détournées sont « toujours remboursées » et donnait un délai de contestation faux. Les trois points ont été corrigés.

Notre article de 2016 concluait que le taux de fraude était « très faible ». C'était vrai, et ça l'est encore plus aujourd'hui. Mais la nature du risque a complètement changé, et nos chiffres comme nos conseils avaient dix ans de retard.

Les chiffres officiels, à jour

D'après l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France), sur le premier semestre 2025 :

  • 211 millions d'euros de fraude à la carte, en baisse de 10 % sur un an ;
  • un taux de fraude de 0,048 % — le plus bas jamais mesuré, soit 48 € pour 100 000 € payés ;
  • mais 40 % des montants fraudés proviennent désormais d'une manipulation du porteur, contre 32 % auparavant.

Nos chiffres de 2016 (0,074 % en 2013) ne sont plus d'actualité, et l'Observatoire a lui-même changé de nom depuis. Nous les avons remplacés.

Le renversement à comprendre

C'est le fait central, et il tient en une phrase : la fraude technique recule, l'escroquerie progresse.

L'authentification forte imposée par la DSP2 a rendu le piratage de carte difficile et coûteux. Les fraudeurs ont donc changé de cible : au lieu d'attaquer le système, ils attaquent le porteur, en le convainquant de valider lui-même l'opération. C'est le scénario du faux conseiller bancaire, aujourd'hui dominant.

Corollaire pratique : votre vigilance ne sert plus à repérer un site mal imité, mais à refuser une demande de validation que vous n'avez pas déclenchée. Nous détaillons ce point dans comment protéger son compte des pirates et le phishing.

Trois corrections de notre version d'origine

« Les sommes détournées sont toujours remboursées. » Faux. Le remboursement est dû pour une opération non autorisée, mais il tombe en cas de négligence grave — typiquement si vous avez communiqué votre code, ou validé vous-même l'opération dans votre application. C'est précisément ce que visent les fraudes par manipulation.

« Un délai de 70 jours… la banque rembourse dans les 30 jours. » Périmé. Depuis la DSP2, vous disposez de 13 mois pour contester une opération non autorisée (70 jours seulement hors Espace économique européen), et la banque doit rembourser immédiatement après signalement, pas sous 30 jours. Votre franchise est plafonnée à 50 € avant opposition, et tombe à zéro après opposition ou en l'absence d'authentification forte. La référence à la loi de 2001 sur la sécurité quotidienne a été remplacée par le cadre en vigueur (articles L133-18 à L133-24 du Code monétaire et financier).

« Le marché est dominé par les cartes PCS, Nickel, Neocash ou Veritas pour le haut de gamme. » Nous avons supprimé cette phrase pour deux raisons. D'abord, elle hiérarchisait le marché au profit de notre partenaire, ce que nos règles éditoriales interdisent. Ensuite, le positionnement « haut de gamme » n'est documenté nulle part : la documentation officielle de Veritas ne qualifie pas son offre de premium, en français comme en anglais. Nous n'avons pas remplacé la phrase par une formulation équivalente.

Nous avons également retiré l'affirmation selon laquelle ce mode de paiement permettrait « l'anonymat et la discrétion » : depuis 2018, l'anonymat s'arrête à 150 € (voir carte prépayée anonyme).

Ce qui protège réellement, aujourd'hui

  • L'authentification forte — c'est elle qui a fait chuter la fraude technique, et c'est elle que les escrocs cherchent à vous faire actionner à leur profit.
  • La tokenisation dans les portefeuilles mobiles : votre vrai numéro de carte n'est jamais transmis au commerçant.
  • La carte virtuelle à numéro jetable pour les achats en ligne.
  • Le cloisonnement : une carte prépayée dédiée aux achats en ligne borne l'exposition au solde chargé. C'est utile — mais cela ne protège pas de l'hameçonnage.
  • La norme EMV enfin, socle technique de tout l'édifice : voir la norme EMV.

Pour comparer les offres du marché, dont celle de notre partenaire, voyez notre comparatif.

Sources : Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France), note du 1er semestre 2025 publiée en janvier 2026 ; articles L133-18 à L133-24 du Code monétaire et financier ; règles d'authentification forte de la DSP2 ; directive (UE) 2018/843 ; cardveritas.com, pages « Carte prépayée » et « Tarifs », consultées en français et en anglais le 16 août 2026 (aucun positionnement « haut de gamme » documenté).

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