Quels moyens de paiement préfèrent les Français ?

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Recul de la part des espèces dans les dépenses courantes des Français : 33 pour cent en 2012, 24 pour cent en 2019, 19 pour cent en 2024, et bascule de la carte devant les espèces en points de vente

Notre version de 2016 annonçait « la fin d'un moyen de paiement archaïque ». Dix ans plus tard, les chiffres officiels permettent de trancher : les espèces reculent nettement, mais elles ne meurent pas.

Le recul du cash, en chiffres

D'après la cartographie des moyens de paiement de la Banque de France, les Français règlent 19 % de leurs dépenses courantes en espèces en 2024. La progression est nette et régulière :

Année Part des espèces dans les dépenses courantes
2012 33 %
2019 24 %
2024 19 %

La bascule de 2024

L'événement, c'est le croisement des courbes. Selon l'Insee, dans les points de vente, les paiements par carte ont dépassé pour la première fois les paiements en espèces en 2024 : environ 48 % des transactions contre 43 % pour le liquide.

Autrement dit, le cash reste massivement utilisé en nombre d'opérations — pour les petits montants — mais ne représente plus qu'une fraction marginale des sommes échangées. C'est le même phénomène qu'en 2016 : on paie souvent en espèces, on paie peu.

Ce qui a changé depuis notre article d'origine

  • Le billet de 500 € n'est plus émis. Décision annoncée par la BCE en mai 2016, appliquée le 26 janvier 2019 (avril 2019 pour l'Allemagne et l'Autriche, pour des raisons logistiques). Il conserve cours légal sans limite de durée : les billets en circulation restent parfaitement valables. Notre version d'origine évoquait un « horizon 2008 » — une coquille que nous corrigeons.
  • Le virement instantané a décollé. Dans la zone euro, les virements représentaient environ 21 % du total des opérations au second semestre 2024, et les virements instantanés environ 10 % des virements émis.
  • Wero remplace Paylib. Le portefeuille européen a absorbé Paylib pour les paiements entre particuliers. Le paiement en ligne chez les commerçants est déjà actif en Belgique et en Allemagne ; en France, il est annoncé pour l'automne 2026.
  • Le sans contact et le paiement mobile se sont installés comme le geste par défaut pour les petits montants.

Le plafond des espèces, souvent mal compris

La limitation entrée en vigueur en 2015 n'a pas changé de nature : un paiement en espèces à un professionnel est plafonné à 1 000 € pour un particulier résidant fiscalement en France (15 000 € pour un non-résident agissant à titre privé). Entre particuliers, il n'existe pas de plafond légal — un écrit est simplement requis au-delà de 1 500 €.

Nous détaillons ce point, souvent déformé, dans notre article sur la prétendue guerre contre le cash.

Et la carte prépayée là-dedans ?

Elle occupe une place particulière : c'est le seul instrument qui permet de charger des espèces puis de payer par carte, y compris en ligne. Pour qui gère un budget en liquide, ou n'a pas de compte courant utilisable, c'est le pont entre les deux mondes — avec les limites réglementaires qui s'y attachent (vérification d'identité au-delà de 150 € de monnaie électronique).

Voir notre comparatif des cartes prépayées.

Sources : Banque de France, cartographie des moyens de paiement en France (Bulletin de la Banque de France, novembre-décembre 2025) ; Insee, paiements et usages du numérique ; BCE, communiqué du 4 mai 2016 et arrêt d'émission du billet de 500 € au 26 janvier 2019 ; wero-wallet.eu ; article L112-6 du Code monétaire et financier.

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