Quelle est la première banque de France ?

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Deux réponses à la question de la première banque de France : BNP Paribas, première par le total de bilan en 2026, et la Banque générale de John Law, fondée le 2 mai 1716

La question a deux réponses, et notre version d'origine les mélangeait. Traitons-les séparément.

1. La première par la taille : BNP Paribas

Si « première » signifie la plus grande, la réponse est BNP Paribas, premier groupe bancaire français et de la zone euro par le total de bilan. D'après le classement S&P Global publié en avril 2026, le groupe dépasse 3 279 milliards de dollars d'actifs et figure dans le top 10 mondial.

Le Crédit Agricole occupe la deuxième position. Le paysage bancaire français reste dominé par cinq groupes — BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE et Crédit Mutuel — qui concentrent plus de 80 % du marché.

Attention à ce que « première » recouvre : le classement change selon le critère retenu. Par nombre de clients particuliers ou par réseau d'agences, les groupes mutualistes (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, BPCE) sont devant, du fait de leur maillage territorial. Par total de bilan, c'est BNP Paribas.

2. La première dans le temps : la Banque générale, 1716

Si « première » signifie la plus ancienne, la réponse est la Banque générale, fondée le 2 mai 1716 par l'Écossais John Law, sous la Régence de Philippe d'Orléans. Notre version d'origine indiquait 1715 : la date exacte est 1716.

C'est le premier établissement à émettre des billets de banque dans le royaume de France. Par édit du 4 décembre 1718, elle devient Banque royale et obtient la garantie de l'État. Son effondrement, en 1720, avec la spéculation sur la Compagnie du Mississippi, provoque une faillite retentissante — et rend le mot « banque » impopulaire en France pendant des décennies.

Il faut attendre le 18 janvier 1800 pour que soit créée la Banque de France, à qui sera confié le privilège d'émission. Elle n'est pas une banque commerciale : c'est aujourd'hui la banque centrale nationale, membre de l'Eurosystème, chargée notamment de la stabilité financière, du surendettement et du droit au compte.

Ce qu'une banque est, juridiquement

Un établissement de crédit est agréé par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), adossée à la Banque de France, et — pour les plus grands — supervisé directement par la BCE. Cet agrément l'autorise à recevoir des fonds remboursables du public et à octroyer des crédits.

C'est ce qui le distingue d'un établissement de monnaie électronique ou d'un établissement de paiement, qui émettent des cartes ou tiennent des comptes de paiement mais ne prêtent pas et ne bénéficient pas de la garantie des dépôts. La plupart des cartes prépayées relèvent de cette seconde catégorie : les fonds y sont cantonnés, pas garantis à 100 000 €.

Choisir sa banque : les critères qui comptent

La taille n'en fait pas partie. Ce qui pèse réellement :

  • le coût total — cotisation carte (environ 45 €/an en moyenne au 1er avril 2026), tenue de compte, frais d'incidents ;
  • le besoin d'agence : indispensable pour certaines opérations, inutile pour d'autres ;
  • la qualité du service quand quelque chose se passe mal — c'est là que les écarts se creusent ;
  • les frais à l'étranger si vous voyagez.

Et si le vrai sujet est de ne pas pouvoir ouvrir de compte, la réponse n'est pas commerciale mais légale : voir le droit au compte pour les interdits bancaires.

Sources : S&P Global, classement des banques par actifs (avril 2026) ; Banque de France (création le 18 janvier 1800, missions actuelles) ; histoire de la Banque générale de John Law (2 mai 1716) et de sa transformation en Banque royale par l'édit du 4 décembre 1718 ; ACPR (agrément des établissements de crédit) ; Observatoire des tarifs bancaires du CCSF 2026.

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