TPE et PME : sont-elles toujours délaissées par les banques ?

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Intérieur d'un petit atelier d'artisan avec un comptoir en bois et des outils à main, lumière chaude, sans personne

En 2017, nous relevions un décalage : les statistiques officielles vantaient un taux d'obtention de crédit très élevé pour les PME, alors que les très petites entreprises essuyaient beaucoup plus de refus. Neuf ans plus tard, le constat de fond reste valable — mais l'écosystème s'est considérablement étoffé.

Le décalage PME / TPE persiste

Le mécanisme n'a pas changé : plus l'entreprise est petite, plus le dossier est coûteux à instruire au regard du montant prêté, et plus le risque paraît difficile à évaluer (absence d'historique, dépendance à une personne, garanties limitées). Les statistiques agrégées, dominées par les PME et les ETI, masquent cette réalité des entreprises de moins de dix salariés — c'était le cœur de notre article, et cela reste vrai.

Les chiffres évoluant chaque trimestre, référez-vous aux enquêtes de la Banque de France sur l'accès au crédit des entreprises, publiées régulièrement, plutôt qu'à un pourcentage figé.

Ce qui a réellement changé depuis 2017

  • Les néobanques professionnelles se sont installées : ouverture d'un compte pro en ligne en quelques jours, tarif forfaitaire lisible, outils de facturation et de comptabilité intégrés. Elles ont surtout capté les indépendants, micro-entrepreneurs et créateurs, longtemps mal servis par les réseaux classiques.
  • Le financement s'est diversifié : affacturage accessible aux petits montants, financement de factures, crowdlending, et surtout le développement des solutions d'encaissement (terminaux mobiles, paiement en ligne) qui n'exigent plus de dossier lourd.
  • Les dispositifs publics se sont structurés : garanties Bpifrance, et surtout la médiation du crédit aux entreprises de la Banque de France, gratuite et confidentielle, saisissable en ligne dès qu'un financement est refusé ou une ligne réduite. Elle reste sous-utilisée alors que son taux de succès est significatif.
  • Le droit au compte s'applique aussi aux entreprises : une société qui essuie un refus d'ouverture peut saisir la Banque de France, qui désignera un établissement — l'équivalent professionnel de la procédure ouverte aux particuliers (voir le principe).

Ce qui n'a pas changé

Le crédit d'investissement de long terme reste l'apanage des banques traditionnelles : les fintechs excellent sur le compte, l'encaissement et le financement court, beaucoup moins sur le prêt amortissable classique. Une petite structure a donc souvent intérêt à combiner : un compte pro chez un acteur en ligne pour le quotidien, une relation bancaire classique pour les projets à financer.

Et pour les indépendants qui veulent séparer strictement dépenses pro et perso sans multiplier les comptes coûteux, une carte dédiée à budget plafonné reste un outil simple (notre comparatif).

Sources : Banque de France (enquêtes trimestrielles sur l'accès des entreprises au crédit, médiation du crédit), Fédération bancaire française, Code monétaire et financier (droit au compte).

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