Cartes prépayées et attentats de 2015 : ce que le débat a vraiment donné

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Chronologie de l'encadrement des cartes prépayées : débat de 2015, quatrième directive anti-blanchiment de 2015, cinquième directive de 2018 abaissant le seuil d'identification à 150 euros, application en France

Transparence : ce site est rémunéré par Veritas, partenaire commercial. Cet article a été entièrement réécrit : sa version de 2015 défendait le produit dans l'urgence d'une polémique, avec plusieurs affirmations que nous ne pouvons pas étayer aujourd'hui — et une conclusion réglementaire qui s'est révélée fausse.

En novembre 2015, après les attentats de Paris, le ministre des Finances annonçait vouloir encadrer les cartes prépayées. Notre article d'alors dénonçait le traitement médiatique du sujet. Dix ans plus tard, on peut trancher point par point — y compris contre nous-mêmes.

Ce que nous avions tort d'écrire

Notre article affirmait que le durcissement annoncé (vérification d'identité, seuils de 250 € et 2 500 €) était « au stade de projet ». C'était le point le plus important, et nous l'avons manqué : le durcissement a bien eu lieu, et il est allé plus loin que ce qui était annoncé.

  • La 4e directive anti-blanchiment (2015/849) encadre la monnaie électronique anonyme.
  • La 5e directive (2018/843) abaisse le seuil d'identification à 150 € pour une carte prépayée non rechargeable, et à 50 € pour un paiement en ligne. Au-delà, l'identité du porteur doit être vérifiée.
  • Les cartes prépayées émises hors Union européenne ne sont plus acceptées si l'émetteur n'applique pas des règles équivalentes.

Autrement dit : la carte prépayée « anonyme » telle qu'elle existait en 2015 a disparu. C'est le fait central, et il contredit notre conclusion de l'époque.

Ce sur quoi nous avions raison

Le raccourci « carte prépayée = outil du terrorisme » était effectivement infondé. Les rapports publics ultérieurs n'ont jamais fait de ce moyen de paiement un vecteur significatif : les montants en jeu sont faibles et, depuis 2018, l'anonymat au-delà de 150 € n'existe plus. La critique de fond — un produit jugé sur un cas isolé plutôt que sur ses volumes réels — restait légitime.

De même, la distinction que nous rappelions entre carte non nominative (achetée en commerce, plafonnée) et carte nominative (commandée en ligne, envoyée au domicile après vérification d'identité) était juste, et elle structure toujours le marché.

Ce que nous retirons faute de pouvoir l'étayer

Notre version d'origine affirmait que, pour la carte Veritas, « les données sont croisées avec le fichier OFAC » avant envoi. Cette affirmation n'est documentée nulle part sur cardveritas.com, ni en français ni en anglais. Nous l'avons donc supprimée — nous ne reformulons pas une affirmation produit que la source officielle n'établit pas.

Nous retirons également nos passages sur un concurrent (Nickel), qui relevaient du procès d'intention plutôt que du fait vérifiable : la mise en cause des buralistes et le reproche d'un « oubli » de transmission au FICOBA n'étaient pas étayés, et ce n'est pas notre rôle.

Enfin, les liens vers les articles de presse cités ont été retirés : plusieurs de ces titres ont disparu ou changé d'adresse depuis 2015.

Ce qui est documenté, côté Veritas

Ce que la source officielle établit, en revanche :

  • la carte s'obtient en ligne ;
  • le rechargement se fait par virement, en espèces (banques, bureaux de poste) ou par coupons Neosurf ;
  • chaque formule a un plafond chiffré — de 150 € par an pour la formule Basic à 240 000 € par an pour la formule Ambassador VIP, avec des plafonds de solde correspondants ;
  • l'offre est vendue 29,90 € par an, sans frais de gestion mensuels.

C'est précisément l'inverse d'un produit sans limite : les plafonds sont publics et bornés.

Où en est le sujet aujourd'hui

Le débat de 2015 a produit un cadre stable. Une carte prépayée nominative est aujourd'hui un compte de paiement comme un autre : identité vérifiée, opérations traçables, déclaration au FICOBA dès qu'un IBAN y est attaché (voir carte prépayée, FICOBA et FICP).

Ce qui subsiste sous forme réellement anonyme — la carte non rechargeable sous 150 € — est trop limité pour l'usage que la polémique lui prêtait.

Pour comparer les offres actuelles, voyez notre comparatif et notre article sur les cartes prépayées, l'anonymat et le fisc.

Sources : directives (UE) 2015/849 et 2018/843 (seuils de 150 € et 50 €, monnaie électronique anonyme) ; cardveritas.com, pages « Carte prépayée » et « Tarifs », consultées en français et en anglais le 2 août 2026 (formules, plafonds, moyens de rechargement, prix annuel).

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