Changer de banque : est-ce aussi simple qu'on le pense ?

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Schéma de l'aide à la mobilité bancaire en trois étapes : vous mandatez la nouvelle banque, elle transfère les opérations récurrentes, tout bascule sous environ 22 jours

Changer de banque a longtemps eu la réputation d'un parcours du combattant. Depuis 2017, un dispositif gratuit — l'aide à la mobilité bancaire — a beaucoup simplifié les choses pour le compte courant. Mais tout ne bascule pas d'un coup de baguette, et certains comptes réservent des surprises.

Le principe : c'est la nouvelle banque qui travaille

Le service d'aide à la mobilité bancaire (issu de la loi Macron, en vigueur depuis février 2017) inverse la charge : vous n'avez plus à contacter un par un vos créanciers. Vous mandatez la nouvelle banque (un formulaire signé + un RIB de l'ancienne), et elle se charge de prévenir les émetteurs de virements récurrents (employeur, prestations) et de prélèvements (énergie, téléphone, abonnements) pour qu'ils basculent sur le nouveau compte. Le tout gratuitement, en principe sous une vingtaine de jours ouvrés (~22 jours).

Conseil : gardez l'ancien compte ouvert quelques semaines, le temps de vérifier qu'aucun prélèvement ne s'y présente encore, avant de le clôturer.

Ce qui coince encore

Le dispositif a des limites, du côté des professionnels plus que des particuliers :

  • des demandes traitées avec lenteur ou négligées par certains établissements ;
  • des erreurs d'identification (nom, numéro de compte) qui retardent le transfert d'un prélèvement ;
  • surtout, le service ne couvre que le compte courant : il ne transfère ni votre épargne, ni vos placements.

L'épargne et les titres : le vrai point de vigilance

  • Livret A, LDDS, LEP : on ne peut en détenir qu'un seul par personne. Il faut donc clôturer l'ancien avant d'en ouvrir un nouveau — ils ne se « transfèrent » pas.
  • PEL/CEL : transférables vers la nouvelle banque, parfois avec des frais.
  • PEA et comptes-titres : le transfert est possible mais peut entraîner des frais par ligne, parfois dissuasifs. Comparez avant de bouger.
  • Assurance-vie : elle ne se transfère pas d'un assureur à l'autre ; la clôturer ferait perdre l'antériorité fiscale.

Faut-il sauter le pas ?

Avant tout, comparez votre relevé annuel de frais avec les offres concurrentes — les banques en ligne suppriment souvent tenue de compte et cotisation carte (nos repères sur les frais). Pour un besoin d'appoint sans tout bouleverser, une carte prépayée ou un second compte gratuit peut suffire (comparatif). Le changement en vaut la peine quand l'économie annuelle est réelle et que vos placements ne pénalisent pas l'opération.

Sources : service-public.fr (aide à la mobilité bancaire), Comité consultatif du secteur financier, UFC-Que Choisir (mobilité bancaire).

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