Carte Nobanco : que devient-elle ? Le produit n'existe plus

Avis & Tests— Mis à jour le
Enveloppe vide et trombones sur un bureau en bois clair, lumière naturelle douce de fin de journée

Mise à jour : la carte Nobanco n'est plus commercialisée. Notre test de 2014 avait relevé l'essentiel dès la première ligne — c'était une carte PFS standard revendue sous une autre marque, sans concept propre. L'histoire lui a donné raison.

Ce qu'était Nobanco

Nobanco n'était pas une banque, et ne fournissait pas de compte bancaire. C'était une carte prépayée Mastercard en marque blanche, adossée à un compte en ligne opéré par Prepaid Financial Services (PFS), établissement de monnaie électronique britannique très présent en France, notamment via les cartes vendues chez les buralistes.

Notre test relevait 9,90 € à l'envoi, 1,50 € de frais mensuels, 2 % sur les retraits et 0,25 € par transaction en magasin quel que soit le montant — une tarification qui pénalisait précisément l'usage quotidien qu'on attend d'une carte.

Ce qui est arrivé à l'émetteur

Deux événements documentés expliquent la disparition de ce type d'offre :

  • 24 septembre 2019 : la Commission des sanctions de l'ACPR prononce un blâme et une sanction pécuniaire d'un million d'euros contre Prepaid Financial Services. Les manquements retenus portent sur la lutte contre le blanchiment : vérification insuffisante de l'identité des porteurs, défaillances dans l'examen renforcé des opérations et dans les déclarations de soupçon à Tracfin, avec des rechargements de plusieurs dizaines de milliers d'euros passés sans surveillance.
  • 2020 : PFS est racheté par le groupe australien EML Payments, dans une opération renégociée à la baisse en contexte de crise sanitaire. Le groupe fera ensuite l'objet d'investigations du régulateur irlandais sur ses dispositifs anti-blanchiment.

Les marques blanches distribuées par cet émetteur ont progressivement disparu du marché français.

La leçon utile pour choisir une carte prépayée

Ce cas illustre une règle que nous appliquons désormais systématiquement : la marque affichée sur la carte n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, c'est :

  1. Qui émet réellement la monnaie électronique, et sous quel agrément. L'information doit figurer dans les conditions générales — si elle n'y est pas, c'est un signal.
  2. Où sont vos fonds. Chez un établissement de monnaie électronique, ils sont cantonnés sur un compte séparé, et non couverts par la garantie des dépôts de 100 000 €. C'est une protection réelle, mais différente de celle d'une banque.
  3. La structure des frais, et particulièrement l'existence d'une commission par paiement : c'est elle qui rend une carte inutilisable au quotidien, bien plus que le prix d'acquisition.

Que faire si vous détenez encore une carte de ce type

Si vous retrouvez une carte prépayée ancienne avec un solde résiduel, contactez l'émetteur mentionné au dos ou dans vos conditions générales : les fonds de monnaie électronique restent remboursables, y compris après l'arrêt de la commercialisation. Passé de longs délais, ils peuvent relever du dispositif des comptes inactifs et être transférés à la Caisse des dépôts, où ils sont recherchables via Ciclade.

Pour choisir une offre encore distribuée aujourd'hui, voyez notre comparatif et notre guide bien choisir sa carte prépayée rechargeable. Autre cas comparable : ecoCard.

Sources : décision de la Commission des sanctions de l'ACPR du 24 septembre 2019 à l'égard de Prepaid Financial Services Limited (blâme et sanction de 1 M€) ; presse spécialisée sur le rachat de PFS par EML Payments en 2020 ; Fonds de garantie des dépôts et de résolution ; dispositif Ciclade (Caisse des dépôts) pour les avoirs inactifs.

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