Carte prépayée : utile avec ou sans compte bancaire

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C'est une idée reçue tenace : la carte prépayée ne servirait qu'aux personnes privées de compte bancaire. En réalité, elle a deux usages bien distincts — et le second concerne des gens parfaitement bancarisés.

Sans compte bancaire : une solution d'accès

On peut se retrouver sans compte pour bien des raisons : situation précaire, absence de justificatif de domicile, hébergement chez un tiers, ou interdiction bancaire. Une carte prépayée s'obtient alors sans étude de solvabilité et sans condition de revenus, parce que l'émetteur ne prête rien.

Une précision importante, car notre version d'origine était dépassée sur ce point : nous évoquions un usage sans justificatif jusqu'à 2 500 € par an. Ce n'est plus le cadre en vigueur. La réglementation européenne anti-blanchiment limite l'usage non identifié à 150 € (solde et rechargement), sans usage à l'étranger. Au-delà, la vérification d'identité est obligatoire chez tous les émetteurs européens (le détail). Les pièces acceptées comme justificatif de domicile varient d'un émetteur à l'autre : c'est un point à vérifier au cas par cas sur le site de chacun — pour Veritas, cardveritas.com.

Cela dit, quand le problème de fond est l'accès bancaire, la réponse la plus complète reste la procédure de droit au compte, gratuite et opposable (mode d'emploi).

Avec un compte bancaire : un outil de cloisonnement

C'est l'usage le plus sous-estimé. En complément de votre carte habituelle, une carte prépayée permet de :

  • Protéger le compte principal. Vous ne chargez que le montant d'un achat : même si le numéro est compromis sur un site marchand, la perte possible est bornée. C'est particulièrement pertinent face à la fraude en ligne (nos réflexes).
  • Confier un moyen de paiement sans risque. Prêter sa carte principale et son code est contraire aux conditions de toute banque et vous fait perdre la protection en cas de fraude. Une carte dédiée, chargée du montant nécessaire, règle le problème — c'est exactement le principe de la carte à prêter de Starling.
  • Cloisonner un budget : vacances, abonnements, argent de poche d'un adolescent, dépenses professionnelles d'un indépendant.
  • Éviter le découvert sur une enveloppe donnée, puisque la dépense s'arrête au solde.

Ce qu'il faut cesser d'en attendre

Nous écrivions en 2013 que la carte prépayée assurait « la confidentialité » et conseillions de privilégier une carte « émise et gérée hors de France ». Ces deux affirmations ne tiennent plus :

  • l'usage réel suppose une identification au-delà de 150 €, quel que soit le pays d'émission dans l'Union européenne ;
  • un compte de monnaie électronique détenu à l'étranger relève de l'obligation déclarative française (nos explications).

La carte prépayée offre de la discrétion vis-à-vis de votre relevé bancaire — vos achats n'y apparaissent pas — mais ce n'est pas de l'opacité, et elle ne doit pas être choisie pour cela.

Pour comparer les offres, voyez notre comparatif et notre méthode de choix en 6 critères.

Sources : directive (UE) 2018/843 (seuil de 150 €), impots.gouv.fr (déclaration des comptes à l'étranger), Code monétaire et financier art. L312-1 (droit au compte), sites officiels des émetteurs (dont cardveritas.com).

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